AIR CONNU


Lubrizol - Rouen

 

On nous a déjà fait le coup de ces nuages,
Venus de Tchernobyl, 
Qui s’arrêtaient bien sages
Car ils n’avaient pas droit
De franchir nos frontières,
Tant ils étaient chargés
De mauvaises poussières.

Quand  les compteurs Geiger
Passaient sur les salades
Cà crépitait joyeux
C’était un autre chant que celui des oiseaux
Et l’on pouvait aller
Pisser, la nuit, au potager,
Le tracé des allées
Etant bien balisé.

Voici que ce matin
J’apprends par la radio
Qu’en un site à haut risque
Et classé «  Seveso »
Une fuite de gaz tout à fait anodine
A franchi sans raison l’enclos de son usine.

Aucune conséquence.
Rien que des céphalées,
Quelques irritations avec quelques nausées :
« Ils n’en mourraient pas tous
Mais tous étaient frappés »
Il parait que ça purge
Aussi bien qu’un clystère.
Le ministre l’a dit,
Pourquoi donc en douter ?

C’est air là est connu
Mais pas très respirable.
On saura dans dix ans si çà ne craignait pas.
Pour l’instant, on n’a pas découvert la parade.
Pourtant, moi, je croyais que dans la panoplie
Que l’on offre à Noël à nos petits chimistes
C’était toujours fourni avec un mode d’emploi. 


 

                                              P.SELOS
                                      Paris, Janvier 2013                

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