CASTRATION


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         Aux gamins castrés par leur mère et dont ils sont la possession, telle une glaise qu’elle façonne, je leur souhaite d’être en mesure, un jour, de savoir ruer dans les brancards.

         Elle vous dévore d’autant mieux que bien souvent elle vit seule, plaqué par un mâle géniteur parti ailleurs inséminer d’autres femelles.
Peut-être qu’ils en avaient marre de n’avoir plus qu’à partager la compagnie de la soupière.

         On vous prend pour des enfants sages sans voir qu’une laisse invisible vous tient au col, comme un toutou à sa mémère.

         Votre liberté surveillée est une étroite dépendance et l’on vous choisit des copains qu’on a, avant, passés au crible. Vous devez vous en contenter.

         Surprotégé dans un cocon, on retarde le plus longtemps la venue de la chrysalide et l’envol du papillon.

         On aimerait tant que vous ayez perdu cette capacité à vous muer  enfin en homme.

         Quand vous le serez devenu, si votre enfance ne vous a pas émasculée, quittez vite cette prison pour y vivre ailleurs vos amours

        Quels qu’ils soient, vous aurez besoin de réapprendre à respirer un air nouveau, en vous déployant au soleil.
        


                                                                       P.SELOS
                                                          Paris, le 31 Janvier 2016

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