CE BON MONSIEUR PÉGUY




Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans la première terre et le premier limon.
Ils sont redescendus dans le premier sillon..
Ou encore…
Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans la première argile et la première terre.
Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre.
Heureux les épis murs et les blés moissonnés.

         Voilà ce que Péguy écrivait au mois d’août 1914 au commencement d’une boucherie qui devait durer quatre ans.

         Le patriotisme à la Paul Déroulède avait préparé le terrain.   Cependant pour fertiliser le sol, il y a mieux que des corps de soldats.

         La Troisième République se rejouait tout à la fois Valmy 1782 et Fleurus, 1794.

         Le trois août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France.
Il s’agissait donc d’une guerre juste, puisque défensive.

         En était-elle plus belle pour çà ?

         La France n’avait jamais accepté la  défaite de 1870 et l’amputation de l’Alsace-Lorraine.

         L’heure de la revanche avait sonné.

         À l’image de Charles de Foucaud, Péguy n’avait pas toujours été le croyant qu’il devint, confit en bondieuseries.

         Pierre, qui était son premier prénom, courait les filles avec succès, ce qui désolait sa dévote de mère.

         Homme de contradictions, il fut même pacifiste et socialisant avant de menacer Jaurès de douze balles dans la peau pour sa position face au
conflit.

         Ils ne partagèrent qu’une chose : leur défense de Dreyfus.
Mais  Péguy avait une raison sérieuse pour ce faire : La judaïté du capitaine ne pouvait le laisser indifférent dans une société de culture judéo-chrétienne.

         Je ne voudrais pas conclure sans aborder son œuvre poétique et particulièrement ses dithyrambes à la Vierge, à la cathédrale de Chartres et à la Beauce.

         Selon moi, on n’a jamais fait plus lourdingue et plus pâteux. Et je compte ne pas les redites concernant les flèches et les multiples références aux épis, allusions à la moisson des âmes.

         Il est vrai que la betterave ne s’y prête pas !

 

                                                                      P.SELOS
........................................................... Paris, le 21 Mai 2016

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