CHEZ LES BONS FRÈRES MARISTES.


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Chez les frères Maristes
La prière du soir
Évoquait chaque fois
Les flammes de l’Enfer
Au cas où nous aurions de «mauvaises pensées»
Et nous en avions tous.

Nous devions nous coucher
Les bras hors de nos lits
Alors que nous savions
Certains de nos censeurs
Addicts aux jeunes âmes soit disant innocentes.

Le dimanche, en veillée
On nous contait l’histoire
D’un garçon comme nous
Qu’on avait sacrifié
Pour avoir refusé de poignarder l’hostie
Au temple maçonnique.

D’autres fois, un saint frère
Nous parlait des Canaques
Dont les sorciers avaient
Le don d’ubiquité
Et dont beaucoup étaient restés anthropophages
Malgré les missionnaires.

Les petits catholiques,
Dans les années cinquante,
Cloîtrés au sein des murs
De leurs bons pensionnats,
Avaient pour idéal que prêcher l’Évangile
Ou de civiliser.

Persuadés qu’ils étaient
De race supérieure,
Ils avaient pour modèles
Les héros coloniaux.
Et les gouvernements, quelle qu’en soit l’étiquette,
N’avaient rien vu venir.

Il faut croire qu’à douze ans
J’avais déjà perçu
De ma hauteur d’enfant
L’imparfait des adultes
Je n’en suis pas exempt et j’essaie de mieux faire
Y parviendrai-je un jour ?

Je dois aux frères Maristes d’avoir perdu la foi,
De n’avoir pas porté le casque colonial,
D’avoir avec le sexe un rapport sans complexe
Et d’être devenu franc-maçon malgré eux.


......................................................P.SELOS
........................................Paris, le 15 Février 2014

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