CONSENSUS.


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         Aujourd’hui, l’état d’esprit qui prédomine est comparable à l’injonction inscrite sur le carton accroché à la poignée d’une porte de chambre d’hôtel : « Ne pas déranger !» 

         Quel que soit le sujet abordé, la consigne est la même : Éviter de faire des vagues, rester « lisse ». Ainsi  s’installe insidieusement l’autocensure, bien plus liberticide que celle d’une censure imposée par un pouvoir autoritaire.

         Il n’y a que deux sortes d’humanités : L’une qui subit, l’autre qui refuse.

         Pour n’en rester qu’au domaine artistique, les carrières se font ou se défont au gré des renoncements ou des compromissions. Le simple fait de ne pas correspondre aux normes en vigueur vous condamne à l’anonymat.

         Le handicap le plus courant est la variété de l’inspiration, obstacle à l’obsession d’une « mise en case ». Ne pas être immédiatement identifiable dans une société où prime l’inquisition sous toutes ses formes est la tare majeure.

         Cette tare là, je la revendique depuis toujours. Aussi loin que  remonte ma mémoire, je retrouve une enfance rétive à toute tentative d’assimilation à une quelconque inféodation. J’ai pu parfois, sur le moment, donner l’impression du contraire pour avoir eu assez de lucidité et tenu compte de la réalité, sans jamais perdre mon intégrité.

         L’adulte que je crois être devenu en découle, en droite ligne.

         La liberté n’est jamais définitivement acquise. C’est un constant combat et, comme la sentinelle, il faut veiller l’arme aux pieds.

         Le fascisme, lui, ne dort jamais.


                              ....................................P.SELOS
........................................................Paris le 28 Avril 2014

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