CONTE CAUCHEMARDESQUE


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.........Bien des contes pour enfant ne sont pas seulement des histoires à dormir debout mais à ne pas dormir du tout.

         Il est de notoriété publique que les contes de Perrault et ceux des frères Grimm relèvent d’une double lecture qui n’a pas manqué d’échapper à la sagacité de nos psychanalystes. En fait, vu sous cet angle, le patrimoine légendaire universel des peuples en dit beaucoup plus qu’il n’y parait.

         Pour prendre l’exemple du « Petit Poucet » ce récit ne doit rien à l’imaginaire mais à la réalité triviale des famines qui touchaient périodiquement les campagnes profondes. Ce sont d’ailleurs les accumulations de catastrophes climatiques de la seconde moitié du XVIII° siècle, liés aux spéculations sur les prix des blés, qui sont les causes premières des troubles ayant conduit à la Révolution. Les Cahiers de Doléances préparatoires aux États Généraux témoignent tous en ce sens.

         Seule invraisemblance qui prouve bien l’appartenance des auteurs à une classe de privilégiés, le fait que, la première fois, le petit poucet sème en chemin des miettes de pain.

         Vous pensez bien qu’à ces tables d’affamés, on devait plutôt racler le fond des écuelles. La misère fut si grande qu’on signala des cas d’anthropophagie dans certaines provinces du royaume.

         Le pain, qui fut longtemps la base de la nourriture populaire, conserve encore, jusqu’à nos jours, une forte connotation symbolique, même si sa consommation a fortement diminué, suite à des habitudes alimentaires nouvelles.

         Quand les femmes des halles de Paris se rendirent à Versailles pour ramener la famille royale dans la capitale, elles affublèrent le roi, la reine et le dauphin des sobriquets de boulanger, boulangère et de petit mitron. Elles étaient persuadées que le pouvoir, ignorant la réalité de la situation, remédierait très vite à l’état de pénurie dans laquelle se trouvait la ville. La suite, vous la connaissez …

         La migration, vers les villes, des paysans les plus pauvres, tels que les journaliers sans terre, n’est pas sans trouver écho, toute proportion gardée, avec la situation présente et la vague déferlantes de désespérés, sur nos côtes.

         En d’autres temps, il y avait une bande dessinée dont le titre était : « Les Belles Histoires de l’Oncle Paul ».

         Celle que vous venez de lire, je vous la signe de Tonton Pierre.

 

                                                                 P.SELOS
                                                       Paris le 22 Avril 2015

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