Les Contradictions Japonaises


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............Le Japon, via le shinto, a la réputation d’être un quasi adorateur de la nature mais il reste aussi l’un des pays respectant le moins son environnement.

            L’importation des matières premières vouées, il est vrai, à une transformation locale, indispensable au maintien de l’exportation de ses produits de haute technologie et son industrie automobile, le condamne à produire toujours plus. Pour en abaisser les coûts, il se voit maintenant dans l’obligation de délocaliser.

            Corée, Inde et Chine en partenariat avec Taïwan, menacent très sérieusement la place qu’il occupe sur les marchés internationaux. Sa population, en baisse de natalité, ne peut bénéficier d’une autonomie alimentaire, faute d’avoir des ressources agricoles significatives. Il doit donc s’approvisionner en riz et en blé auprès des pays exportateurs, ce qui met à mal l’équilibre de sa balance commerciale.

            Toute l’histoire du Japon moderne depuis l’ère Meiji (1868) est pour cette raison marquée par des guerres successives d’expansion, dont l’issue finale fut Nagasaki.

            La dépendance du Japon à l’égare des énergies fossiles reste le problème majeur de l’archipel. Ce pays n’a pris que tardivement le tournant des énergies renouvelables. Les éoliennes offshores, les turbines sous-marines et la géothermie, toutes  productrices d’électricité, ne sont pas suffisamment exploitées actuellement pour faire face aux besoins de l’industrie.

            Son type de société, constitué sur la base de conglomérats appelés keiretsu et dont les plus connus sont Mitsubishi, Toyota, Nissan et Toshiba ne laissent que peu de place aux libertés individuelles, dans leur service de direction des ressources humaines. Le statut de l’employé ou du travailleur japonais, tout domaine et niveau hiérarchique confondus, est bâti sur le principe d’une obéissance absolue. L’autocritique devant témoins, comme depuis Confucius en Chine, reste une pratique qui nous est totalement étrangère. Bien plus que l’influence modératrice de la philosophie Zen, la consommation excessive  d’alcools est un fléau qui touche autant les jeunes que les séniors.

            Certains grands groupes nord américains tentent eux aussi, sous couvert de démocratie, de mettre en dépendance leurs personnels : protection sociale, formation des cadres en interne, loisirs organisés, l’entreprise étant conçue comme une grande famille sur le modèle Caterpillar.  On n’en était pas si éloigné dans les usines phalanstères nées à la fin du 19° siècle tels que Godin à Guise ou Meunier à Noisiel sans oublier les sociétés minières.

            Le Japon contemporain reste déchiré dans son subconscient par ses traditions millénaires anachroniques. Cependant les samouraïs ont laissé leurs marques auprès des élites et les bandits errants de l’antique Japon, sous les shoguns, perdurent encore dans les cartels des yakusas.

            Si les  jours de la productivité à outrance sont comptés, leur fin  n’est pas pour demain.

            Est-il possible de produire sans polluer ? Peut-être grâce au développement durable … Cela suppose un renoncement à nos habitudes de consommation.

Pourquoi pas ?


                                                                        P.SELOS
                                                           Paris, le 17 Février 2015

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