DANSER


-

         De la race des anges, vois ces corps éclatés projetés dans l’espace, lutte à jamais perdue contre la pesanteur et pourtant mille fois retentée depuis l’aube des temps, lorsque naquit la danse.

         Je pense bien souvent à l’envol impossible de ces grands albatros que leurs ailes inutiles, sans l’aide des marins, figent au pont des navires.

         Nous sommes, nous aussi les danseurs de nos vies quand nous menons alors des combats dérisoires.

         Je n’échangerais pas, pour autant, mon présent éphémère embelli de mes rêves et ma soif d’absolu.

         J’en sais qui ne se meuvent que sous l’effet d’un fouet, du temps où les toupies n’étaient pas mécaniques.

         Par rapport au néant, je suis en liberté dite conditionnelle.

         Je n’ai pas à remplir un destin préconçu par un démiurge fou fabricant d’univers.

         L’humain qui se prétend objet d’un compte à rendre envers une entité qui tiendrait le grand livre, ne peut être qu’un être tout boursoufflé d’orgueil.

         Nous ne sommes rien d’autre qu’un tas de particules, une part de hasard et de nécessité comme nous l’affirmait le savant Jacques Monod, précédé en ce sens par le grec Démocrite.

         Il n’est pas de début mais un cycle sans fin ?

         Et je n’ai pas besoin des fables pour enfant.

                                                                                         P.SELOS
............................................................................. Paris, le 19 Février 2016

        Liste des Textes