DES PRINTEMPS


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         Des printemps, j’en ai vus, depuis ceux de l’enfance, quand j’étais effrayé par la guêpe ou l’abeille. À peine il s’annonçait qu’il était déjà là. Je restais médusé sous l’assaut des couleurs et des parfums mêlés. Plus tard, s’ajouteront, pour moi et vous peut-être, de tendres sentiments dont on sent l’importance et la fragilité.

         Depuis d’autres ont fleuri  mais d’une autre nature. Ils portaient l’espérance de peuples enchaînés.

         Qu’en reste-il à l’heure où j’écris sur ce thème ?

         Le réveille est terrible.

         Aux bouches qui criaient la liberté pour tous, il reste un goût amer
de ces espoirs déçus.

         Il faut lutter sans cesse et tout recommencer, monter toujours la garde et rester vigilants. Ceux qui n’en veulent pas ne renoncent jamais.

         Ils sont comme les vagues qui ourlent le rivage, un va et vient réglé de toute éternité.

         À chaque coup frappé au jacquemart de la mort, c’est un fleuve de sang qui noircit au soleil.

         Des banquiers et des fous sacrifient des victimes à leurs cultes déments. Entre ces prédateurs, quelles sont leurs différences ?

         Les printemps d’autrefois éclataient leurs bourgeons et de la fleur au fruit, dans un cycle immuable, l’arbre souvent tenait sa promesse vitale.

         Dans les vergers détruits, déchiquetés par les bombes, il parait qu’on n’entend plus chanter les oiseaux.

        
                                                                                 P.SELOS
.................................................................... Paris, le 12 Mars 2016

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