DES VILLAGES SANS TÊTE


L’église de Saint-Denis d’Anjou
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            N’est-il pas paradoxal que l’athée que je suis prenne parti pour des querelles de clochers ?

            Nombreux sont les imbéciles qui prônent la démolition des églises pour des motifs économiques. Ils sont suivis en cela par des curés en panne d’ouailles, des maires et des conseillers généraux soucieux soudain des deniers publics et désireux de se refaire une vertu.

            Ils ignorent qu’en matière de cartographie, un village sans clocher est définitivement rétrogradé au rang de hameau ou lieu-dit.

            Ces partisans de la table rase sont à l’image de l’inculture ambiante, au mépris de l’Histoire et, par conséquent, insensibles à la notion de patrimoine.

            Les responsables de l’aménagement du territoire, ceux issus des mêmes grandes écoles qui décidèrent, quand ils étaient en poste, de la suppression des haies au nom des intérêts des grands céréaliers et producteurs de betteraves à sucre et de patates ont été les prédateurs des milieux naturels.

             Ce sacrifice de la  biodiversité a eu pour conséquence la disparition d’une grande majorité du bocage par voie d’assèchement. Il fallait permettre aux charrues d’appauvrir le sol en profondeur en remplaçant la terre arable par un minéral stérile au détriment des micro-organismes, des insectes fouisseurs et des lombrics.

            Mais cette agronomie-là n’a jamais été du goût des marchands d’engrais et de produits phytosanitaires.

            Finis les rendez-vous derrière l’église, tant chéris des amours clandestines. Il faut s’en faire une raison.

            Nous sommes à l’ère du G.P.S, nécessaire pour trouver, au plus vite, cette merveille d’architecture qu’on appelle « Grande Surface »

                                                          P.SELOS
................................................ Paris, le 14 Mai 2015

 

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