DE LA PRÉCIOSITÉ À L’ENCULAGE DE MOUCHE


-

           Je reconnais la vulgarité d’un tel intitulé mais à contourner la verdeur d’une langue, on affadit le propos.

           Quant à l’illustration choisie, il peut s’agir du roi Henri III (lequel n’était pas homosexuel, quoi qu’en dise la légende) ou de l’un de ses courtisans. À noter que ceux qu’il nommait ses mignons étaient de redoutables spadassins, passés maîtres dans le maniement du poignard et de l’épée. Sous leurs coups, le duc de Guise, Henri de Lorraine, y laissa la vie. Un an après, le dernier des Valois périt à son tour par la dague d’un moine ligueur nommé Clément.

           Après cet aparté, j’en reviens à la préciosité.

           Dans ses « Précieuses ridicules », Molière ne critiquait pas leur désir d’apprendre mais l’emphase dont elles l’entouraient.

           L’époque prétendait alors prendre le vulgaire en horreur et l’inculture comme la tare suprême.

           Qu’on ne se méprenne pas ! Les beaux esprits ne couraient pas les rues et les gens de cours qui faisaient illusion, n’avaient de raffiné que le vernis.

           La caricature toucha  à son comble chez Madame de Scudéry et sa « Carte du Tendre ». Alors que notre langue faisait l’admiration de l’Europe, pour sa richesse, sa précision et ses subtilités, voici que certains l’appauvrissaient sous un abus de mièvreries des plus banales.

           Au Grand Siècle, il fut d’usage qu’elle servit, pour ses qualités spécifiques, dans les échanges diplomatiques et la rédaction des traités.

           Cela dura jusqu’après la fin de la seconde guerre mondiale, avant de céder le pas à l’anglo-saxon.

           L’argent ne fait pas bon ménage avec la culture dans des sociétés
dédiées exclusivement au matérialisme.

 

                                                                                P.SELOS
                                                                    Paris, le 12 Février 2016

        Liste des Textes