DIEU S'ENNUYAIT SI FORT

Dieu s’ennuyait si fort du fond de son néant
Qu’ayant tout épuisé des joies de la branlette,
En penseur de Rodin dressé sur son séant,
Se dit : “Je vais combler mon espace céleste.”

En se grattant le crâne, il lui vint tout à coup
La fabuleuse idée d’un monde aléatoire.
Puis, éclatant d’un rire à se tordre le cou,
sitôt dit, sitôt fait, il créa ce foutoire.

Il ne se foula pas pour trouver la recette,
Fit un monceau d’étoiles auquel il ajouta
Quelques astéroïdes, des poignées de planètes
Et pointant d’une boule, il tira dans le tas.

Elle fut réussie la Divine Pétanque ;
Le big-bang initial fit un fameux chaos,
Mais Dieu, insatisfait, ressentait comme un manque :
La célèbre cerise au sommet du gâteau.

“Je dois absolument avoir la certitude
Que rien ne mettra fin au désordre éternel ;
De la répétition naissent les habitudes,
Je n’ai pas fait tout ça pour m’emmerder au ciel.”

Il mit un sacré temps, le mot n’est pas trop fort,
Au cours d’un cauchemar, à la sortie d’un somme,
Il fut récompensé enfin de ses efforts,
C’est ainsi qu’il pensa qu’il lui fallait des hommes.


                                ..............P.SELOS
                                Paris, 25 novembre 2005


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