DIRE, MAGRÉ TOUT.


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         Aujourd’hui, le journaliste avance avec prudence, précédé de sa « poêle à frire » car le terrain est miné. Personne ne l’y oblige. Depuis un certain temps, la censure n’est plus guère imposée. L’auto censure fait mieux.

         À part les kamikazes du journalisme d’investigation et les semeurs d’alertes, çà ronronne gentiment. La polémique se pratique à fleuret moucheté. Le pays de la bienséance ne tolère plus l’insulte grossière et le trait d’esprit assassin comme ceux de Clémenceau dont voici un échantillon : « Oui, il en a, mais il les a au cul et ce ne sont pas les siennes ! » en évoquant Lyautey.

         On se défiait alors en duel au sabre et au révolver et même les dames s’en mêlaient.

         Maintenant, identifier son véritable ennemi devient plus compliqué. Le langage est en pâte de guimauve. En politique on arrondit les angles ; La Droite se veut sociale et La Gauche libérale.

         Lors de la croisade contre les Albigeois, le Légat du Pape Arnaud Amalric, partisan du massacre, criait dans Toulouse : « Tuez les tous ! Dieu reconnaitra les siens ! »

         Bien malin ceux qui reconnaîtront  les leurs dans ce foutoir.

         C’est à nouveau l’âge d’or des sondeurs, des conseillers et des porteurs de mallettes.

         Dans l’attente d’une prise en compte du vote blanc, à la saint Frusquin, les abstentionnistes ont beau jeu.
        
         « Auriez-vous l’amabilité de me resservir une part du gâteau ? »

 

 

                                                                        P.SELOS
......................................................... Paris, le 25 Janvier 2016

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