DOUBLE SENS


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..........Sous la justification bienveillante de l’expression populaire : « Il n’y a pas de mal à se faire du bien » nous assistons à une floraison de groupes faisant la promotion  d’initiatives d’actions citoyennes locales, occasion pour le monde associatif, en priorité, de s’auto-employer.

         Cette façon de suppléer aux carences des institutions  en vient à laisser le champ libre à une société civile, en place des devoirs de l’état et donc, de ceux des «politiques », trop heureux de s’en défausser à bon compte.

         L’illusion d’une démocratie dite «participative », en contournant le rôle législatif du parlement, ouvre toutes grandes les portes aux extrémismes liberticides, sans exclusion d’aucune sorte.

         Tout est mis dans le même sac : Le jardin partagé, le potager éducatif et sa ferme, la réinsertion des « marginaux », celle des chômeurs, les femmes battues, les filles- mères, de l’enfance malheureuse, des « sans logis » et des économiquement faibles, sans oublier l’univers de la culture en péril et j’en oublie sûrement.

         En appuyant « là où ça fait mal » suis-je pour autant un réactionnaire ?

         Je crois simplement que nous confondons commisération et véritable combat contre les injustices. Cela nous ramène à notre Moyen-âge occidental  où l’assistance aux malades et aux pauvres était inscrite comme une composante naturelle totalement intégrée.

         Comment agir en l’occurrence ?

         L’abstention dans l’exercice des droits civiques, l’état incapable d’assumer pleinement ses devoirs régaliens, dans la dépendance qu’il est de l’opinion publique, tout concourt  à installer ce climat de déliquescence, partagé entre la peur de l’autre et celle de l’avenir.

         Outre l’insulte faite à la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour que nous jouissions du privilège du droit de vote, la remise en question de nos tares sociales ne peut, démocratiquement, que passer par les urnes.

         Ceux qui en mai 68 criaient « élections, piège à cons » ont contribué  au suicide de leurs idéaux, provocant l’avortement d’une révolution généreuse et ne prenant pas le train de l’Histoire.

         L’égoïsme conforté par le monde libéral,  obsédé du souci du profit et de celui de l’esprit compétitif ne peut, à la longue, que nous conduire à « un clash » économique, propice à l’avènement d’un  « Homme Providentiel » n’ayant pas forcément l’éthique d’un Charles de Gaulle.

         Dans combien de temps ?

         « Quizas, Quizas, Quizas « 

                                                              ................................  P.SELOS
...................................................................................... Paris, le 9 Juin 2014

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