D'ART ET D'ESSAIS

MARIENBADE


         Il n’y a pas qu’à Marienbad que l’on s’emmerde à en mourir.
Dans la plus part des cinémas d’art et d’essais, j’éprouve, comme un besoin irrésistible, de quitter la salle avant l’heure. À la sortie, j’ai l’impression de revivre, je respire à pleins poumons.

         Je n’ai pas sûrement le niveau pour en saisir la quintessence ou bien      

je n’ai pas la patience de faire celui qui comprend tout, faisant partie des initiés.

         Je suis apparemment maso car j’y retourne de temps à autre pour tenter de savoir pourquoi je suis allergique à ce genre.

         L’hermétisme n’est pas mon fort. J’ai de la terre à mes semelles.

         J’ai beau vivre à la capitale dont j’apprécie à tout moment le spectacle quasi permanent, ma philosophie est rustique.

         Elle est à l’image de mes goûts en         matière de gastronomie. Il faut d’abord qu’elle tienne au corps.

         Je dois avoir, par atavisme, un certain bon sens paysan d’une grand-mère qui fut fermière et beauceronne de surcroît.

         C’est bien plus facile à comprendre que les films d’art et d’essais.

         J’aurais aimé qu’ils réussissent leurs essais plutôt que leur art.

 

                                                               P.SELOS
.................................................. Paris, le 24 Avril 2016

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