Écouter son corps


Le nombril du monde à Delphes
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............Quel conseil plus en phase avec la réalité contemporaine que cette injonction holistique : Atteindre à l’unité totale du mental et du biologique.

            Se ramasser sur soi-même, en boule, tel un hérisson, dans une volonté de capter, à son seul profit, toutes les énergies supposées, n’est-ce pas percevoir le présent comme l’état permanent d’une menace sur l’intégrité des individus ?

            Devenir un bivalve, filtrer la vie comme on filtre l’eau, dans la crainte du moindre danger, ne peut que conduire à une situation d’isolement génératrice d’angoisse.

            Je ne connais qu’une issue à ce labyrinthe : Les autres.
            « Écouter son corps » c’est réduire l’univers à sa propre personne et
le plus souvent, d’ailleurs, sans lui donner la part de jouissance qui lui revient.

            Les soins dont il fait l’objet confinent à l’idolâtrie et l’obsession de la nourriture « prétendue bio » passe avant l’art de la cuisiner.

            Je ne suis pas prêt à échanger mon foie gras pour vos pâtés de soja.
           
            Je sais très bien que vous vouez un profond mépris envers mon mode de vie et qu’il causera ma perte. J’aurais, du moins, pris « un pied magistral ». Qu’en est-il, pour vous, du sexe et des plaisirs de la table ?

            Vous n’en parlez jamais.

            Comme l’affirme la célèbre maison de rillettes, « Nous n’avons pas les mêmes valeurs »

            La chair est triste quand elle est programmée.

 

                                                                                                     P.SELOS
                                                                                      Paris, le 27 Février 2015

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