LAPIDAIRE

Dans un coin du cloître,
De la cathédrale
Gisent les débris de la statuaire
Causés par le gel
Ou voulus des hommes.
Il y a des bras, des troncs et des jambes
Et des ailes d’ange qui n’ont pas volé.
On y trouve aussi quelques auréoles,
Des crânes sans nez, des bouts de pinacles.
C’est comme un puzzle de corps massacrés.
On a tout gardé, c’est de l’art sacré.
A la fin des temps, comme il est écrit,
Au son des trompettes,
Faudra un miracle pour s’y retrouver
Et réattribuer à chacun sa tête.
Cessons d’y penser ; c’est chose divine
Je vais de ce pas prendre une aspirine.

P.SELOS
                   Paris, septembre 2012         ......


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