LA CRUE




         Bénies soient les catastrophes naturelles ! Pour les rois et les présidents, elles sont toujours les bienvenues. Le pouvoir s’offre ainsi une pause.

         La population est sensible à la commisération des puissants.  

         Les petits potentats locaux, premiers sur place, font de même.
Ils pêchent, à l’épuisette, de futurs électeurs.

         Rien n’est gratuit sur cette terre et surtout pas la compassion.

         Ne soyons pas trop caustiques, nous progressons.

         Avant, pour lutter contre les calamités, on processionnait, bannières au vent ; de nos jours, on s’en remet aux experts hydrologues et à ceux de la  météo. L’assurance dont ils font montre, ils la tempèrent avec une prudence de normand. Ils sont moins péremptoires que les affirmations des économistes qui n’ont pas honte de leurs erreurs.

         De telles inondations ont certainement des causes.

         Outre la pluie, on trouvera bien, par tradition, des boucs émissaires.

         Celui qui semble faire l’unanimité est l’urbanisme extensif.

         Sols bétonnés ou goudronnés sont à l’origine de vastes zones rendues artificiellement imperméables. Les réseaux d’évacuation n’ayant pas suivi, voilà le résultat.

         Si l’on ajoute à cela les terrains inondables devenus miraculeusement constructibles et vous aurez fait le tour de la question.

         Au café du coin, on arrose d’une autre façon, en accusant les lancements d’engins dans l’espace : « Ça détraque tout ! »

        
                                                                 P.SELOS
....................................................... Paris, le 4 Juin 2016

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