LA DÉCONVENUE D’UN PHILOSOPHE


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         Ils voulaient penser par eux-mêmes sans avoir besoin d’aucune assistance.

         Les problèmes qu’ils souhaitaient résoudre méritaient qu’ils y réfléchissent sur un mode communautaire. Des sujets qui les concernaient, n’étaient-ils pas les mieux placés pour en discuter sans tabou ?

         Ils étaient les représentants d’un déficit démocratique.

         Dès que la foule eut reconnu la présence du philosophe, célèbre pour être l’un de ceux qui surestimait sa sagesse et qui donnait à tout propos  des avis des plus péremptoires, il fut prié de décamper.

         Il tenta de parlementer mais rien n’y fit. Il n’était pas le bienvenu. Quand on devient trop médiatique, on est alors considéré comme élément constitutif de la société établie.

         Très grande fut sa déception qu’on ne veuille pas avoir recours à ses lumières.

         D’autres que lui seraient venus qu’ils auraient subi le même sort.

         Les manifestants, ce soir là s’en prenaient même aux journalistes qui faisaient beaucoup plus de place à tous les briseurs de vitrines qu’aux idées dont ils débattaient.

         Que naitrait-il de ces palabres tenues la nuit sur cette place ?
Bien malin qui aurait pu le dire !

         Dans ces périodes électorales, c’est une fronde qui couvait et ça bouillonnait sous les crânes.

         La question était unanime : Comment ne plus se faire avoir ?

 

                                                                               P.SELOS
................................................................... Paris le 18 Avril 2016

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