LA POSTE


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       Victime de la concurrence du réseau (courriels)  au grand désespoir aussi des historiens, la poste redécouvre une qualité qu’elle avait perdue, celle du lien social. Il va falloir réapprendre aux facteurs à porter les recommandés et les paquets dans les étages, ascenseur ou pas. Terminé le bloc de boîtes aux lettres en bord de route, au début des chemins de campagne. Ce qui était strictement interdit et sanctionnable, le préposé pourra apporter à la personne isolée, sans moyen de communication, le médicament indispensable et même parfois une baguette de pain, en dépannage.

         Il y aura donc fidélisation réciproque en milieu rural et urbain et chacun  retrouvera une raison d’acheter le traditionnel calendrier-almanach illustré de chatons au nez rose ou de l’angélus de Millet.

         On peut espérer qu’après cette bouleversante remise en cause, des villages récupèrent leur bureau de poste sans être obligés pour cela  de faire  partie de la clientèle du député du coin.

         Il y eut une époque récente où, devant la réduction du service, on se demandait s’il ne nous faudrait pas prendre l’avion, le train ou la voiture pour porter nous-mêmes nos courriers à destination.

         Il faut dire aussi que l’ouverture à la concurrence a changé la donne. La qualité des rapports humains est une composante qui prime à nouveau sur les innovations techniques et la rapidité performante.

         Il serait bon de nous souvenir du temps où dans notre enfance nous décachetions plus ou moins fébrilement les cartes, les lettres et déchirions le papier d’emballage des paquets qui nous étaient adressés.

         Nos anciens et les enfants d’aujourd’hui restent sensibles à ce mode de courrier.

         Renouons donc un peu avec l’usage du stylo,  pour le plaisir que nous leur procurons !

                                                                      P.SELOS
............................................................ Paris, le 15 Juin 2015

 

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