LA ROSE BLANCHE

Alexander
Schmorell
1917-1943
Hans
Scholl
1918-1943
Sophie
Scholl
1921-1943
Christoph
Probst
1919-1943
Willi
Graf
1918-1943
Kurt
Huber
1893-1943

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         La Rose Blanche, groupe de résistance anti nazi, créé à Munich, au printemps 1942, fut arrêté par la gestapo sous l’accusation d’atteinte à sûreté de l’état pour avoir distribué des tracts contre le régime à Augsbourg, Francfort, Stuttgart, Salzburg, Linz et Vienne.

         Après avoir gardé le silence sous la torture pour ne pas trahir le réseau, tous les six furent guillotinés en même temps le 22 février 1943.

         D’autres allemands payèrent de leur vie un engagement similaire.
 
        N’oublions pas que le premier camp de concentration, dès 1937, s’appelait Buchenwald et qu’il leur était réservé.

         En dépit d’une attitude contestable du Vatican sous Pie XI et Pie XII, Monseigneur Von Galen qui s’opposa au programme T4  concernant l’euthanasie des vieillards et malades mentaux faillit être assassiné sur l’ordre d’Hitler mais celui-ci  y renonça devant le scandale car Von Galen était très populaire comme évêque de Münster. Il y fut inhumé  en 1946 dans sa cathédrale en ruine.        

         Beaucoup d’ecclésiastiques périrent dans les camps.

         En dépit d’une majorité de Luthériens favorable au nazisme, certains s’y opposèrent lors du deuxième synode libre national (1934), en fondant une Église confessante (Bekennende Kirche). Ses personnalités sont Friedrich Weißler (juriste, mort déporté en 1937), le pasteur Paul Schneider (mort déporté en 1939). Theophil Wurm (évêque réformé du Wurtemberg), prend la succession de Niemöller à la tête de l'Église confessante. Il entre en contact avec Friedrich Bonhoeffer, avec le groupe de Carl Goerdeler et avec le Cercle de Kreisau.

         Que justice leur soit rendue !

         Ces quelques centaines d’hommes et de femmes suffisent-ils à restituer l’honneur de toute une nation ? Qu’aurions-nous fait dans un contexte similaire ?

         L’autoritarisme étatique s’exprime en premier lieu par la négation des comportements individuels et de l’exercice du libre arbitre.

         La mise en condition de l’opinion par  un racisme valorisant et l’usage de la terreur sont les composantes récurrentes de toute dictature.

         La main mise commence toujours par une annexion de l’enfance et de la jeunesse, en utilisant l’antagonisme basique des générations.

         La mutation d’une société libérale, à l’exclusion d’un coup d’état, survient généralement de façon insidieuse, via des moyens légalistes et démocratiques initiés par des idéologues patients et experts en manipulations.

         Je ne connais pas encore de balance capable de peser avec justesse le mérite et l’opprobre. Sur quels critères en déterminerait-on l’unité de mesure ?  

         La France de 1945 se posait peut-être déjà la question …       

 

                                                                                    P.SELOS
                                                                         Paris, le 2 Avril 2016

Sources tirées de l’ouvrage de
Delphine Bris et Jean-Marc Dubois

« La Résistance allemande au Nazisme »

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