LE BANC


Lorsque j’étais gamin, la maison était pleine
De cousins, de neveux, de petits naufragés
Qui trouvaient pour un temps le gîte et l’affection.

C’était comme autrefois, on conjuguait l’adage
Du « quand y en a pour soi,
y en a pour beaucoup d’autres. »
Même si l’on tirait le Diable par la queue.

A ceux qui s’inquiétaient d’avoir la même part,
Craignant de n’être pas aimés suffisamment,
Ma mère leur racontait toujours la même histoire.

Vous êtes tous assis, dans mon cœur, sur un banc.
Nul n’en pourra tomber car à chaque arrivant,
Au fur et à mesure, il s’adapte et s’allonge.

Je n’ai pas oublié cette leçon d’amour,
C’est dit si simplement qu’on redevient enfant.

Il est des sentiments qu’on ne fractionne pas.


                                                      P.SELOS,
                                             Paris, Octobre 2012

                                                     ......


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