LÉGENDES URBAINES


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        J’entends encore la voix de ma grand’mère maternelle, roulant les « R » en bonne paysanne du Loiret et qui disait souvent :

 » C’est vrrrai ! J’l’ai lu dans l’jourrrnal ! ».

         Maintenant le support a changé mais pas la capacité à distinguer le crédible de ce qui ne l’est pas. Plus c’est énorme, plus vite la rumeur s’en propage. Nombres diaboliques, revenants et vampires, les exorcistes et médiums ne manquent pas d’appels à l’aide.

         Il ne s‘agit pas de monts et merveilles mais de « démons et merveilles » au sens médiéval du terme.

         Aucun élément positif n’apparait dans cet inventaire délirant. Les colporteurs de fausses nouvelles devraient pourtant trouver de quoi se contenter des horreurs que l’actualité leur offre.

         Je n’en ferai pas la liste car l’inventivité du sadisme en matière de folie meurtrière est sans limite.

         On prétend que l’histoire n’est pas récurrente mais il est des peuples qui vivent la leur en décalage de celle qui fut la nôtre.

         Sommes-nous d’ailleurs certains de ne jamais régresser sur ce point ? Nos boucheries européennes et coloniales n’ont rien à envier à ces conflits qui déchirent le monde. On s’agite beaucoup en paroles mais c’est en vain qu’on en appelle à la raison. Trop d’intérêts économiques sont en jeu sur l’échiquier de la mort.

         Est-il possible de plaider pour la vie auprès de nos enfants en critiquant la violence de leurs jeux vidéo, dans un contexte aussi délétère ?

         Sur mon planisphère, je ne vois aucun lieu épargné, à part la Suisse !

                                                                       P.SELOS
                                                            Paris, le 30 Juin 2015

 

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