LES BÈGUAYEUX


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         Je ne confonds pas les bègues avec les « bèguayeux ». Chez les uns, c’est un handicap mais chez les autres, c’est un manque de respect envers les auditeurs et une preuve d’amateurisme.

         C’est d’autant plus désolant que les sujets dont ils traitent sont souvent d’un grand intérêt. Ils feraient mieux d’en confier le texte à de bons lecteurs ou à des comédiens de talent.

         La radio se prête à une écoute attentive. Pour cette raison, on en supporte difficilement les scories telles qu’une prise de son médiocre, une diction défectueuse et une absence de liaisons.

         Dans les enregistrements proposés aux non-voyants et assimilés,
on y massacre bien souvent les œuvres.       

         La bonne volonté, si elle mérite de la gratitude, dessert ce qu’elle est sensée faire aimer. Je me souviens d’avoir emprunté un livre de Georges Lenotre, « Paris et ses Fantômes ». Je dus m’arrêter avant, en plein milieu du premier chapitre, tant la personne ânonnait et, ne sachant pas gérer sa respiration, créait des ruptures de rythme inattendues et insupportables.

         Je n’ai jamais été capable de lire et d’écrire le braille. On doit plus facilement le maîtriser dès l’enfance.

         N’ayant plus recours au bénévolat, je lis, malgré  la fatigue, en prenant tout mon temps.

          Ayant pratiqué très tôt la lecture anticipée, cela me permet une fluidité respectueuse de l’intelligence du propos.

 

                                                                         P.SELOS
............................................................. Paris, le 16 Juin 2016

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