LES BELLES ENDORMIES


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         Bruges, Aigues-Mortes et Brouage, les belles endormies toutes les trois trahies par la mer qui leur tourne le dos.

         Promenades propices à la mélancolie !

         La première est célèbre, je l’ai beaucoup chantée.

         Les deux autres ont connu le sort des oubliées.

         Rien ne rappelle plus de leur grandeur passée qu’un air salin iodé où je m’enivre encore lorsque je vais m’y perdre.

         La rouille des roseaux, même sous le soleil, ne parviendra jamais à chasser la tristesse.

         Les touristes d’été qui s’y prennent en photo et qu’un bus démoule dans un temps minuté, sont étonnés du peu qui reste de l’histoire.

         Seuls d’anciens cousins venus du Canada viennent se recueillir sur des racines mortes.

         C’est en hiver qu’il faut errer sur cette lande quand filent les nuages dans un ciel incertain.

         Une faune emplumée réinvestit alors pleinement son domaine.

         Je peux passer des heures jusqu’à la nuit tombée quand enfin le silence se fait chez les oiseaux.

         La vraie rencontre est celle que l’on fait de soi-même.

         L’immensité devient tel un grand monastère où s’impose le temps de la méditation.

Rares sont les endroits permettant la rupture.

 

                                                                  P.SELOS
..................................................... Paris, le 6 Février 2016

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