LES ENCHÈRES DE LA HONTE

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Giacometti - L'Homme au doigt levé ............ Picasso - Les Femmes d'Alger..........
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         Les ventes records chez Christie’s à New York, en art contemporain, ont totalisé des adjudications équivalentes à plus de 705 millions de dollars U.S.

        Un avion Rafale vaut 94 millions de dollars U.S.

        Quand on connait le sort misérable de centaines de millions d’humains aux limites de la survie, on ne peut qu’en appeler à la fin d’un tel type de société.

         Je n’ai ni lu, ni entendu, dans aucun média, la moindre réaction de honte face aux chiffres communiqués. Passé un certain nombre, l’individu n’est plus en mesure d’y trouver un sens.

         La chance des politiques c’est que ceux qui n’ont pas grand-chose ont une peur panique de tout perdre. Le chantage au chômage stabilise le secteur de l’emploi et fidélise les liens de dépendance des employés qui sont à la discrétion des patrons.

         L’emprise du capital, mieux que dans une toile d’araignée, ficelle le travailleur qu’on encourage à prendre des crédits pour qu’il accède à la propriété, aux conditions avantageuses, au début, pour finir souvent en fin de contrat, par une augmentation exponentielle des montants à rembourser.

         La dernière trouvaille des banques, ce sont des prêts à taux positif
à rapport immédiat, proposés aux états et aux particuliers.
Un taux d’intérêt négatif inverse le sens de la rémunération entre le prêteur et l’emprunteur. Quand le taux est positif, ce qui est la situation normale, le prêteur reçoit un revenu (l’intérêt) en paiement du service rendu à l’emprunteur. Quand le taux est négatif, c’est l’inverse et il est assez difficile de comprendre comment un prêteur peut accepter de verser un revenu à l’emprunteur.

         Pourtant, les taux d’intérêt négatifs existent dans trois cas de figure :
- un taux d’intérêt réel peut être négatif
- un taux nominal pour des titres de dettes (obligations) peut être négatif
- le taux des dépôts à la Banque centrale peut-être négatif.
        
         Alors qu’on clame partout que nous sommes en crise économique, il n’y a jamais eu autant d’argent inutilisés sur les comptes des places financières. En fait, la ruine des uns fait la fortune des autres via un turnover sans fin.

         Le travail ne représente qu’une part dérisoire des revenus qu’il  est impossible d’évaluer, en temps réel, étant donnée la vitesse des opérations numériques.

         À vivre au-dessus de leurs moyens, nos sociétés développées ne peuvent qu’avancer de krach en krach, dans une chute sans arrêt différée, le tout avec son lot de perdants marginalisés.

         Je plains les générations qui viennent.

            

                                                                             P.SELOS
..................................................................... Paris, le 17 Mai 2015

 

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