LES TEMPS OBSCURS


Dans « Le Livre des Rois » paré de miniatures
Où foisonnent guerriers, animaux, fruits et fleurs,
Des cavaliers chasseurs aidés par leur guépard,
Dans la Perse moghol poursuivaient la gazelle.

Omar Khayam alors dédiait ses rubayats
A la femme et au vin et l’Iran reprenait
Un chant qui n’était pas celui de ses mollahs
Sous les coupoles bleues des mosquées d’Hispahan

Quand Haroun Al Rachid offrait une clepsydre
A Carolus Magnus, Empereur d’Occident,
Et que mille ans plus tard, l’Espagne Almoavide
Préservait de l’oubli les philosophies grecques.

L’Islam avait choisi le camp de la lumière.
La quête du savoir n’insultait pas Allah.
Ibn Arabi, soufi et chantre de l’extase,
Bien avant Maître Eckart, brulait d’amour divin.

Ibn Sina contestait les écrits d’Hippocrate
Et Roumi magnifiait la musique andalouse.
Le Rabbi Maïmonid revisitait la Bible
Pour éclairer la foi des enfants d’Israël.

Le Coran n’était pas trahi par les hadiths
Il faisait encor jour sur toute la Oumma
Avant que l’Aragon marié à la Castille
Ne chasse le khalif Muhamad de Grenade.

Voici qu’est revenu « Le Vieux de la Montagne »
Ses fumeurs de Hachich ont repris leurs couteaux.
Le Jihad n’est plus un travail sur soi-même
Mais le retour sanglant des temps d’intolérance.

                                                   P.SELOS
                                  AVIGNON, Septembre 2013

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