LES TYRANS DES CUISINES



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                  Les expressions suivantes : «Avoir la tête près du bonnet» et «Complètement toqué» conviennent, on ne peut mieux à ces despotes. Ils prêteraient à rire s’ils n’étaient pas méprisants et sadiques envers leurs subalternes.

         À table, le client a tout les droits ; En cuisine, le commis n’en a aucun. Les insultes sont monnaies courantes et parfois les coups. Et que dire du sort des apprentis !

         Si vous ne me croyez pas, allez donc assister aux séances des  tribunaux prudhommaux concernant ceux qui, victimes, on le courage de les saisir, en dépit des menaces dont ils sont l’objet.

         Faites l’expérience de dire à l’aimable chef qui se penche vers vous pour prendre votre avis sur la qualité de votre menu et, si c’est justifié, émettez la moindre critique et vous verrez le visage patelin se métamorphoser en grimace empourprée. Je garderai pour moi le nom de deux restaurants les plus célèbres de Paris qui ont mis à la porte ce genre clients téméraires.

         Les femmes aussi ne le cèdent en rien aux matamors de la louche et de la sauteuse.

         Par galanterie, je n’en citerai pas non plus les noms.

         La gastronomie française n’a pas attendu d’être classée au patrimoine immatériel de l’humanité pour avoir la grosse tête. Il y a longtemps que les plus grands n’officient plus. Ils créent des écoles,
Labellisent des produits industriels et montent des chaînes de restaurants. Ils vont jusqu’à signer des recettes de hamburger.
        
         Ça vous dirait une bonne choucroute ou un vrai cassoulet ?*

 

 

                                                                        P.SELOS
.......................................................... Paris, le 1er Octobre 2015

 

 

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