LE DON D’ORGANES



           Plus de cinq milles patients sont en attente d’un rein et d’autres sont condamnés, à court terme, faute d’un cœur disponible.

.......... La récente réforme, soutenue par le gouvernement face à la pénurie de donneurs, consiste à considérer qu'un corps viable pour le prélèvement d’organes, ne peut faire l'objet d'aucune opposition.

            Ce qui parait tomber sous le sens dans les pays scandinaves, les pays latins et slaves, fortement marqués par le catholicisme et l’orthodoxie, font montre, quant à eux, d’une résistance notoire. Il ne faut pas oublier que les protestants et les Juifs, libérés des interdits de Rome, ayant en commun la référence à la Bible ont été les premiers à pratiquer la dissection sur des cadavres.

            En France, ce sont les travaux menés par le médecin personnel de François Ier, Ambroise Paré, huguenot lui-même, qui firent progresser les connaissances en anatomie.  Ce chirurgien eut l’occasion de se « faire la main » sur les multiples blessés des guerres d’Italie, notamment à  Pavie. Il s’agissait plus alors de réparer  pour sauver des vies que d’autopsier des corps.

            Accepter de donner ses organes me parait hautement respectable et d’une teneur bien plus éthique que l’acharnement thérapeutique. Laissons donc mourir en paix en leur facilitant le passage, sans souffrance inutile, ceux qui pour diverses raisons sont au seuil de la mort.

            Que les contradicteurs se souviennent que les prélèvements d’organes répondent, en premier lieu, au devoir de la médecine qui se doit de mettre tout en œuvre pour restaurer la santé des vivants.
             
                                                   P.SELOS
                                         Paris, le 8 Avril 2015

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