LE FEU.


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.........Qu’il soit de la Saint Jean ou d’une autre occasion, qui n’a pas éprouvé, pour le feu, cette fascination dont l’origine se perd dans la nuit des temps ?

         Je crois beaucoup en la mémoire universelle que partage l’humanité. J’en veux pour preuve la communauté des mythes fondateurs, indépendants de toute géo-localisation.

         D’abord généré par la foudre, le feu fut l’objet d’un gardiennage jaloux devenu très vite le monopole d’une caste détentrice d’un savoir faire. Il n’en fallait pas plus pour que naisse une forme de clergé exerçant un pouvoir en tant qu’intermédiaire entre les membres de la tribu et la divinité.

         Cet état prit brutalement fin quand l’homme eut mis au point les divers moyens afin d’en avoir la maitrise.

         Durcir la pointe des sagaies et des flèches avant la taille des silex et de l’obsidienne, lutter contre le froid et les fauves, cuire la viande pour la conserver à cour terme et plus longtemps en la boucanant, de même pour les produits de la pêche, changea totalement le régime alimentaire. Affranchi en partie de l’aspect aléatoire des ressources de la cueillette, l’homo erectus disparut au profit de l’homo sapiens.

         De ce bouleversement date, par périodes successives et inégales, le bond en avant des procédés technologiques. Sur les sites préhistoriques on trouve très tôt les traces des premiers balbutiements de la sidérurgie.

         Mais le feu est aussi une source inépuisable d’inspiration pour les peintres, les écrivains et les poètes : Il ne s’éteindra jamais.


Voilà pourquoi, petit, tu avais peur du noir :
C’est l’héritage.
L’amour du feu te vient le soir
Du fond des âges !

 

.........................................................................................P. SELOS

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