LE VIEUX PÊCHEUR


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         Ayant cédé sur l’insistance d’un vieil ami, de l’accompagner à la pêche, me voici au bord d’un étang. Je suis sensé goûter le calme et la beauté de la nature. Ma patience est mise à l’épreuve. Il souhaitait tant que je partage sa passion pour ce bouchon rouge qui se dandine au gré du vent et qui s’en va à la dérive.

         Peine perdue, car j’ai froid aux pieds et, pour tout vous dire, je m’emmerde.

         Cette curieuse activité est néanmoins préoccupée par la sauvegarde des espèces. On limite les quantités et l’on rejette à l’eau les prises quand elles sont de petites tailles. Ce soir, je sais que j’aurai droit à manger le panier du jour.

         La corvée sera pour  Madame, connue des femmes de pêcheur :
Écailler, vider le poisson, cuisiner la tanche et l’anguille ou bien la carpe souvent grasse et toutes trois, mêmes accommodées avec art, laissant  en bouche, quoi qu’on y fasse, toujours un arrière goût de vase.

         Rien ne vaut pour moi les eaux vives ou la mer et mieux, l’océan. pour prendre plaisir à ma table.

         Je n’achète sur les étales que poissons qui frétillent encore.
Il faut être à la première heure à l’arrivée de la marée.

         Ce n’est jamais à la criée mais chez les artisans pêcheurs que je vais m’approvisionner. Quand les courants chahutent au large c’est un temps à trouver du bar à la finesse incomparable.     

         Nous avons chacun nos recettes et nos secrets de gastronome.

         Que le plus gourmand d’entre vous me jette la première arête !

 

                                                                     P.SELOS
........................................................ Paris, le 27 Mars 2016

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