L’ANGLETERRE ET L’EUROPE


Prendre et ne rien donner
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       Pour ceux qui l’ignoreraient encore, l’Angleterre est une ile.
  
       Pauvre en matières premières, elle l’est aussi depuis toujours en ressources vivrières.

         Le bond industriel fait parti du passé. Le thatcherisme a achevé la besogne en faisant œuvre de paupérisation.

         Le Commonwealth n’est plus qu’une danseuse trop coûteuse pour le Royaume Uni, unité qui bat d’ailleurs de l’aile. Il faudra qu’ils s’en débarrassent. L’intérêt prime sur l’orgueil.

         Les britanniques ne s’en sortent au niveau économique qu’en état de perfusion, alimentés en permanence par la city et la bourse de Londres. Sans ce poumon, c’est l’asphyxie.

         Le gouvernement G.B actuel remporte une fois de plus son bras de fer avec Bruxelles. Il n’a rien concédé, y compris sur sa politique discriminatoire vis-à-vis des migrants, à charge pour les autres états de l’Union de sécuriser les frontières et, par voie de conséquence, celle d’Albion.

         Tous ceux qui rêvent du paradis anglais auront le réveil pénible.

          Il y a de plus en plus de pauvres laissés en marge d’une société inégalitaire et sans scrupule. La couverture sociale à la taille de leur plaid : Quand on couvre ses épaules, on découvre ses pieds.

         Les réussites finissent parfois très mal car on ne repêche personne.

         C’est la « way of life » à l’américaine.     

         Le chantage à la sortie du marché  commun fait à l’Europe est en réalité un acquis de longue date puisque la livre sterling est une monnaie flottante au gré des décisions de la Banque d’Angleterre.

         De Gaulle avait toujours pensé que faire entrer les anglais dans l’Europe était incompatible avec l’idée même d’unité. La preuve en est faite.

         À ce jour, l’Europe n’est qu’une entité branlante, victime à l’origine d’avoir cédé le pas à l’économie, au détriment d’un projet politique. Ceux qui la constituent n’ont rien à partager en commun quant à l’humanisme.

         Dans la majorité de ses états, les libertés constitutionnelles
reculent, à l’exemple des anciennes républiques de l’Ex-Bloque de l’Est.

         Pire, les scandinaves, longtemps à la pointe de la politique d’accueil prennent aussi des mesures de restriction.

         La boulimie des européens à s’agrandir sans conditions préliminaires les a conduit à confondre solidarité et gabegie.

         Quand vient l’heure de tirer des leçons, c’est souvent chez La Fontaine qu’on les trouve.

         Je crois bien que cette fois ci, il est question d’une grenouille et d’un bœuf.

 

                                                                                 P.SELOS
.................................................................. Paris, le 20 Février 2016

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