L’ÉCRIT ET LA PAROLE


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          Le vieil adage à propos des écrits qui restent et des paroles qui s’envolent n’a jamais été autant d’actualité qu’aujourd’hui. Vaste sujet dont je restreindrai le traitement à la sphère politique et philosophique, domaines que ne dissociaient pas les athéniens contemporains d’Aristote, de Socrate, Platon et toutes les écoles importantes qui en déclinèrent. Je ne peux que renvoyer les lecteurs, curieux d’en savoir plus, au fabuleux travail, aussi clairement exposé qu’exhaustif, de Michel ONFRAY.

         Depuis la prééminence multimillénaire de l’écrit comme unique source témoin, l’existence de la photo, du cinéma et de la vidéo lui a ravi le monopole de la mémoire.

         Un nouveau métier vient de naitre, celui de pêcheur de parjures, de promesses non tenues, d’experts en tous genres,    ridiculisés car démentis quotidiennement par la réalité. À cela s’ajoute le cortège des sociologues prévisionnistes qui se drapent dans la toge du philosophe et dont la seule école est celle des « Enfonceurs de portes ouvertes ».

         C’est comme si j’élevais mes billets d’humeur au rang de révélation essentielle contribuant à élargir les voies du progrès au profit de l’humanité.

         La sincérité  de leurs intentions ne suffit pas à faire  de leurs promoteurs les référents d’une sagesse universelle.

         S’indigner n’est pas un programme.

     
.......................................................P. SELOS
.............................................Paris, le 28 juin 2015

 

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