L'HOMME ET L'ANIMAL



«  Ce qui élève l’homme par rapport à l’animal,
c’est la conscience qu’il a d’être un animal.
Du fait qu’il sait qu’il est un animal, il cesse de l’être. »

Georg Whilhelm Friedrich Hegel
(1770 -Stuttgart / 1831- Berlin)
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- Statut ancien et actuel de l’animal :

- Introduction Générale.

          Dès l’apparition de l’homo sapiens, la paléontologie atteste d’une présence symbiotique de l’animal, au profit exclusif de l’homme.

          Les reliefs de nourriture trouvés sur le sol et, plus tard, la profusion des représentations pariétales de la faune, particulièrement dans l’illustration des scènes de chasse, sont autant de témoignages du fait.

          Ajoutez à cela les os gravés et sculptés sur le même thème, qu’il s’agisse d’une démarche assimilable à une création artistique ou d’un rituel, et nous aurons fait le tour du sujet.

- Statut ancien et actuel de l’animal :

         Les Grecs distinguaient déjà instinct et intelligence. Pour eux, l’être humain affirmait sa supériorité par l’usage de la parole et la conscience des actes posés. Ils ne niaient pas cependant la réalité d’une perception commune de la douleur ou l’expression du sentiment affectif. Il ne pouvait pas en être autrement si l’on s’en réfère à leur panthéon où bêtes et divinités partageaient des comportements anthropomorphiques permanents. Nous sommes loin de la vision d’un Descartes qui considérait l’animal comme un simple objet mécanique dénué de toute aptitude au ressentir.

- Au Moyen Âge.

         Bien qu’on y fasse une place à l’amour courtois, cette période n’est pas réputée pour la douceur de ses mœurs.
          L’Église a la main mise sur les corps et les âmes. On brûle les sorcières et les hérétiques et l’on juge les animaux coupables de méfaits sous l’influence du Diable.     
         C’est un retour à l’anthropomorphisme. On pend ou l’on égorge les truies dévoreuses d’enfants, et ce, comme pour toute exécution, devant une foule nombreuse.

- Les Insectes grégaires.

         L’organisation des fourmis, termites et des abeilles en pseudo sociétés hiérarchisées, avec répartition des rôles utilitaires de chaque individu, a toujours fait l’objet d’un questionnement motivé par des similitudes avec celle des hommes.
         Cette fascination est encore entretenue par les romanciers de science fiction tel Bernard Werber et une très ancienne bande dessinée parue dans « Le Journal de Mickey » sous le titre de « Formica » ,  aux environs des années cinquante.

- Différents types de relations entre l’homme et l’animal.

         Défendre sa vie contre les fauves et les bêtes sauvages.
Les consommer et se vêtir de leur fourrure relève d’une nécessité primordiale. L’âge des cueilleurs chasseurs va durer jusqu’à l’émergence conjointe de la domestication et de l’agriculture. Il en résulte une fixité de l’habitat.
         Dans l’ordre de l’apparition du compagnonnage entre l’homme et l’animal  figure, très tôt, la présence du chien.

- Le Chien.

         Partenaire de chasse, gardien de troupeaux, il va se voir assigner de nombreuses autres fonctions dont celle de donner l’alarme.
         Guide d’aveugle, auxiliaire de sauvetage en mer autant qu’en situation d’avalanche ou fouilles de décombres.
         Renifleurs de drogues ou d’explosifs, il est aussi affecté aux tâches du domaine des vigiles et de police.
         Enfin, c’est l’animal de compagnie idéal, briseur de solitude et destinataire interactif d’une affection sincère et vitale.

- Le Cheval.

         Le cheval occupe une position particulière et prépondérante dans la menée des conflits et la rapidité de ses déplacements, surtout pour porter la guerre au cœur du territoire ennemi.
         Transformé en animal de bât par un croisement stérile sous la forme de la mule, il n’est pas jusqu’aux loisirs auxquels il ne soit pas étranger : Sports équestres, Turf.
         Il intervient aussi dans les méthodes psychothérapiques.

- Les Usages Contre natures.

         Le dressage des animaux de cirque et les anciens modèles de zoo ont en commun une absence de prise en considération de la dignité animale.
         Pendant des siècles, la ménagerie allait de paire avec le cabinet de curiosités. Quant au cirque, il prit prétexte qu’il jouait les vulgarisateurs de savoirs destinés au grand public.
         La profusion de documentaires animaliers et les campagnes pour la protection de la faune et de la flore ne justifient plus la persistance de ces formes surannées et caduques.         

- Du pain et des Jeux.

         Outre les combats de gladiateurs, le martyrologe chrétien fait état de l’emploi de fauves ou de taureaux furieux pour accomplir les mises à mort. La propension des romains à apprécier les spectacles de morts violentes ne leur semblaient pas en inadéquation avec la popularité des poètes gréco-latins.

Et que dire des combats de coqs ?

- Une curiosité. 

         Animal sacré dans tout le sud-est asiatique et moyen de combat dans l’Inde Moghole, l’éléphant d’Asie et son usage fit des émules chez  stratèges occidentaux.
         Qui n’a pas entendu parler du passage des éléphants d’Hannibal franchissant les Alpes ou de ceux de Scipion L’Africain ?
L’effet escompté était d’effrayer l’ennemi mais la lenteur de la progression et l’énorme quantité de fourrage pour les besoins des pachydermes firent qu’il n’en fut plus question.

-  Animaux mythiques.

          On n’a pas attendu les manipulations génétiques pour inventer un bestiaire fabuleux où licornes, chevaux volants, centaures, satyres, griffons, gorgones, sirènes et dragons parcourent les cauchemars et les rêves des hommes.         
         En chaque contrée, vous entendrez les mêmes  histoires qui alimentent, dès l’enfance, l’humanité entière.      

- Animaux Anthropomorphiques d’hier et d’aujourd’hui.

         Je ne pouvais pas clore ce travail sans aborder le catalogue des animaux anthropomorphiques d’hier et d’aujourd’hui.
         À tout seigneur, tout honneur ! Faisons la part belle au plus célèbre d’entre eux : Le Loup Garou.
         La croyance antique en a duré dans les campagnes jusqu’après la guerre de quatorze. Hybride d’homme et de loup, on lui attribuait les crimes les plus horribles et restés impunis.
         Le légendaire continue à s’écrire autour des supers héros de films et bandes dessinées.  l’Homme Araignée et L’Homme Élastique, sans oublier Superman, celui qui vole.
    Ces nouveaux mythes auront-ils la postérité des anciens ? L’Histoire le dira.      

- Conclusions.

         Conclure sur un sujet dont on n’a pas la certitude de l’avoir épuisé est un acte quasiment impossible à commettre, par simple honnêteté intellectuelle. Il faudrait être doté d’une vanité incommensurable pour y poser un point final.

 

                                                                                       P.SELOS
........................................................................... Paris, le 5 Juillet 2015

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