MANIFS À L’ANCIENNE



Paris 1934 - Place de la Concorde

         Le 6 février 1934, a lieu à Paris, une violente manifestation en réaction à un évènement politico-financier. L’acteur principal, Joseph Stavisky, est retrouvé mort suite à un suicide « douteux »

         La Gauche Radicale est accusée d’avoir voulu étouffer l’affaire.

         Le préfet de police, Jean Chiappe, activiste d’extrême droite, est limogé par le gouvernement dont certains membres sont soupçonnés d’être impliqués dans ce scandale.

         La répression policière est terrible.

         Bilan : 37 morts et 2000 blessés.

         C’est à ce prix qu’on évite que soit investie l’Assemblée Nationale.

         Tous les ultras nationalistes sont de sortie. Ils ont été au préalable chauffés à blanc par la presse réactionnaire tels Gringoire, l’Action Française et Je Suis Partout.

         Tous ces titres, nous les retrouverons dans la collaboration pétainiste.

         Mais à la différence des contestations actuelles, il n’est pas fait mention d’un quelconque pillage ni de bris de vitrine.

         La classe ouvrière de l’époque, spécifiquement urbaine, a la culture du respect de l’outil de travail et du bien des autres.

         Même au plus fort des manifestations du Front Populaire, les usines occupées seront protégées et les machines entretenues.

         Les ressentiments n’étaient pas les mêmes que ceux d’aujourd’hui.

         L’embauche ne manquait pas.

         Curieusement, ce fut une période extrêmement active au niveau syndical.

         Les acquis sociaux obtenus alors et que confirma le Conseil National de la Résistance en témoignent. À l’heure actuelle, ils sont de plus en plus contestés et restreints.

         Le paradoxe, c’est qu’ils le soient sous un régime étiqueté socialiste !

 

                                                                             P.SELOS
........                                                          Paris, le 16 Mai 2016

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