MARIE L'AMOUR



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Marie l’Amour, la huche ouverte,
La fermière au cœur sur la main,
Pas pour les fesses mais pour le pain.
Marie l’Accueil, la porte ouverte,
Bottes de paille et lits de foin
Aux voyageurs de grands chemins.
Il pleuvait tant sur la campagne ;
Le ciel pourrissait les moissons ;
Ici finissait la Bretagne
Dans l’océan comme horizon.

Le soir tombait avec la pluie
Et nous marchions le ventre creux
En maudissant le vent de Dieu.
On a frappé, tu as dit : « oui ! »
En nous invitant près du feu :
Y en a pour un, y en a pour deux !
Dans ce pays du bout du monde
Où la terre s’accroche aux rochers,
Le ciel et la mer se confondent
Comme l’homme et la charité.

Marie l’Hôtesse, ton souvenir
Restera dans notre mémoire
Attaché à ce fameux soir
Où notre espoir allait mourir
Comme le soleil dans le noir,
Nous qui ne voulions plus y croire.
Que ceux qui traînent sur les routes
Trouvent aussi la nuit venue
Une femme qui les écoute
Et réchauffe leur cœur à nu…
Et qu’ils se souviennent toujours
Qu’il y a des Marie l’Amour !

                                         P.SELOS

 


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