MÉDIQUER À TOUT PRIX !
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.........Un bon généraliste c’est quelqu’un qui reste conscient de ne pas tout connaître et qui sait aiguiller son patient vers le spécialiste adéquat.
Encore faut-il qu’il sache identifier sa pathologie. Mais à l’heure des consultations à la chaîne, le temps essentiel consacré à l’écoute en est réduit à sa plus simple expression. Quant à l’auscultation traditionnelle, hormis la prise de tension, il semble qu’elle relève du magasin d’antiquité.

         C’est le triomphe de l’imagerie médicale, dont l’interprétation  reste exclusivement du ressort du radiologue. Votre médecin le voudrait-il  qu’il n’en a pas toujours la formation.

         À chaque pathologie correspond son ou ses traitements. C’est consigné dans la bible du praticien : Le Vidal. Mais le contenu des ordonnances est aussi soumis à des modes. 

         - « Essayez-moi donc cette nouveauté ! Ça vient de sortir.»

         Les firmes pharmaceutiques n’hésitent pas, dans ce sens, à faire l’assaut des cabinets médicaux. Cela confine au harcèlement, compensé malgré tout par des offres gracieuses de participation à des congrès hexagonaux ou exotiques.

         Bien qu’on affirme le contraire, il n’est pas rare que l’usager complète, à son insu, les tests des laboratoires. Ces scandales défraient régulièrement la chronique.

         La reine des prescriptions demeure l’analyse biologique, parfaitement justifiable. Elle fait d’un être en bonne santé un malade obligatoire. Qui peut se prévaloir, en effet, d’être en conformité avec la norme établie ? C’est alors que commence l’engrenage infernal d’une médication sans fin, sauf décès du quidam.

         Après avoir lu les propriétés bénéfiques du médicament, reportez-vous à ses contre-indications et, surtout, à ses éventuels effets secondaires. Certes, en tuant une vache à coups de canon dans un couloir, vous en serez débarrassés, mais avec les murs. On appelle ça les dégâts collatéraux. Il en est de même avec les traitements.

         Pour ce qui est de l’acharnement thérapeutique, je ne suis pas candidat. Je l’ai suffisamment écrit en poèmes, chansons et textes divers
pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur le sujet.

                                                             

.............................................................................P.SELOS
..................................................................PARIS Septembre 2014

 

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