MELANCOLIE

Je ne peux pas me départir
D’une étrange mélancolie
Lorsque mes pas,
Par le hasard de mes balades
M’entrainent sur d’anciens ballastes
De voies ferrées.
 
Les convois qui les parcouraient,
Leurs wagons ressemblaient, ventrus,
 des carrosses.
Ou bien c’était la Micheline
Jaune et rouge qui ferraillait
De gare en gare

Pour les enfants que nous étions,
Et dont les parents vivotaient
Sans gros salaire,
Ces trains là nous faisaient rêver
De voyages vers des contrées
Imaginaires.

Si leurs sifflets trouaient la nuit,
Quand le vent voulait bien souffler
Du bon côté,
On savait que le lendemain
Notre ciel serait sans nuage,
C‘était certain.

À suivre maintenant la ligne
Envahie par les herbes folles
Et par mon spleen
Le nom de la prochaine halte
Sur un local abandonné
Rompra le charme.

Et quand je m’en retournerai,
À la fin de ma promenade,
Vers le présent,
Je sais que je chantonnerai
La chanson des deux escargots
Et du petit train de Prévert
Et Kosma.

 

P.SELOS
                   Paris, 1 décembre 2013         ......


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