MER DU NORD


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         La mer a de tous temps fasciné les poètes. C’est à celle du Nord que va ma préférence. J’aime par dessus tout, par les jours de ciel gris, promener mon regard sur ses eaux couleur d’huître.

         J’ai parcouru ses côtes de Dunkerque à la Frise, mangé les filets crus de harengs qu’on avale de la même façon que font les cormorans.

         Elle est parfois placide mais ne vous y fiez pas. Ses colères ont souvent fait des fortunes de mer.

         Et quand il y a naufrage, n’en croyez les légendes, assistance est d’abord portée aux hommes en détresse mais après … Ah !, après , c’est l’instant du partage.

         Car ils sont bons chrétiens les pêcheurs mais ils sont pauvres aussi
et vont sur le rivage ramasser les objets que les vagues ont poussés au plus loin sur le sable.

         Tout est récupéré et tout resservira.

         Les bois de flottaison ont des formes étranges. Ils sont parfois gardés pour ce qu’ils ne pourront raconter à personne.

         Par les grandes marées, à l’estran maximum, on voit sortir de l’eau une pointe de mât.

         Quel était ce bateau qui garde son mystère ?

         On n’a jamais fini de raconter la mer.

 

                                                                        P.SELOS
............................................................ Paris, le 15 mars 2016

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