Paul Verlaine

ORIGINES

Pour avoir chanté Bruges
Et célébré le Nord ;
Ecrit sur la Provence,
Parlé du Beaujolais,
Et vanté la Bretagne,
Sans oublier l’Auvergne,
Souvent, l’on me demande
Pour cela, d’où je viens.
Est-il donc nécessaire
D’être de quelque part ?
Brassens l’avait écrit.
Qui faut-il rassurer ?
Le poète est nomade,
Il est de tous pays
Où s’ancrent ses poèmes.
Ouvert aux quatre vents,
Il n’a pas de patrie.
Il habite sa tête
Qui lui sert de roulotte.
Quand dans une prison,
Comme on fit à Verlaine,
On le met au cachot
Il trouve le moyen
Avec un bout de ciel
Et de branche aperçus
De composer les vers
Pour apaiser son âme.

Il n’y a que la mort
Qui fait taire un poète.
Ce qu’il nous laisse alors
C’est son éternité.
A nous d’en prendre soin
Pour combattre l’oubli.

Quant à moi si l’on veut
Savoir mes origines,
Je réponds, simplement,
Origines douteuses.

                                    P.SELOS
                        Paris, le 30 Avril 2013

Le ciel est par-dessus le toit

 

Le ciel est par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

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  • Paul VERLAINE   (1844-1896)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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