PATELLES OU CHAPEAUX CHINOIS


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         Coquillages communs des côtes armoricaines, sous le moindre toucher, en expulsant son eau, il se colle au rocher.

         Impossible à mains nues d’arracher ce mollusque des parois de granit. Il faut absolument se servir d’un couteau.

         Il en existe aussi qui portent le nom d’homme.

         Poussant dans un village la porte d’un café, malgré un grand salut fait à la cantonade, les joueurs de belotte conservent le silence. Il n’est pas difficile d’en déduire que je suis le mal venu ici, ainsi que dans les fronts butés sous les casquettes.

         Dans les odeurs d’anis mélangées de tabac que le patron tolère étant  fumeur aussi, en dépit des gendarmes. Ils fermeront les yeux puisqu’ils en font autant. C’est le pays profond et qui se ratatine et pour qui l’étranger demeure un ennemi.

         Je ne m’attarde pas. Après mon verre de blanc, je paie et je poursuis ma route.

         Ce coin n’est pas connu du monde des touristes.

         Cette terre à betterave balayées par les vents, traversée d’une rue bordée des deux côtés par des fermes banales, aux murs de briques sales, depuis longtemps ternies, ne retiendra personne.

         Heureusement que moi, je sais une autre France au cœur ensoleillé, à l’accent rocailleux, au pied des Pyrénées, et qui sait recevoir.

 

                                                                         P.SELOS
........................................................... Paris, le 9 Février 2016

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