PÊCHEURS

Le grand bateau de pêche vient de larguer ses dragues
Qu’il traine lentement sur un banc de coquilles.
La proue monte et s’affale en des gerbes d’écume
Et l’air est saturé de l’iode des embruns.

Il tangue sur une eau aux teintes indécises
Une mer verte et grise et dentelée de nacre
Qui parait s’alourdir sous le froid qui s’abat,
Tombant d’un ciel d’ardoise  et qui transit les hommes.

Les plateaux seront pleins, la paye sera bonne.
Ils ne rentreront pas les mains rougies pour rien.
Par chance, ils n’auront pas caboté par gros temps.
Il en manque certains au quai de la criée.

Je ne vous oublie pas aux tables de nos fêtes,
Apprentis, compagnons et patrons courageux
Et ceux qui sont restés happés par la tempête
Et que l’on n’attend plus  à la pointe du môle.

                                                        

 .......................................................P.SELOS
.............................................Paris, Décembre 2012

                                         


        Liste des Textes