POUR D'AUTRES QUE NOUS DEUX




Ce n’est pas, mon amour, si terrible nouvelle
Que tu ne puisses pas porter l’enfant de nous ;
Nous n’avons pas besoin de nous rendre éternels,
Je n’ai pas à léguer de Royaume Andalou.

L’amour est si puissant qu’il peut tous les miracles ;
S’ils n’ont pas notre sang, tous ceux qui nous viendront,
Nous les aimerons tant ces fruits de la débâcle
Qu’un peu plus chaque jour ils te ressembleront.

Ils nous apporteront des larmes et des rires,
Des émerveillements et des nuits sans sommeil,
Parfois, sans le savoir, ils nous feront souffrir,
Ils seront à la fois nuages et soleils.

Tu verras qu’au-delà du cri de la naissance
On n’a jamais fini d’engendrer ses enfants ;
Quand ils ne sont plus là, ils sont une présence,
Comme une immense plaie vive malgré le temps.

Mais plutôt tout cela que cette maison vide,
Ce jardin qui s’ennuie d’être trop silencieux ;
J’ai besoin de regards, de cœurs, de mains avides,
J’ai besoin d’être un homme pour d’autres que nous deux.

Ce n’est pas, mon amour, si terrible nouvelle ;
Nous avons à nous deux le pouvoir des amants ;
Ferme tes yeux, mes bras sont une caravelle ;
Je m’en vais endormir la mère de nos enfants…


................................                                     P.SELOS,


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