POUR LA CHANSON

Ce n’est pas aujourd’hui que je vais ressentir
Ce qui m’était déjà inconnu dans l’enfance :
L’esprit de jalousie.

J’écris au nom de ceux qui sont devenus veufs
De la bonne chanson qui méritait ce nom
Et de ses serviteurs.

N’attendez pas de moi que je dresse une liste
De ceux qui la trahissent et qui en font commerce,
Elle est beaucoup trop longue !

Quant à ses défenseurs, ils sont minoritaires,
Noyés dans la cohue où se pressent des clones
Et leur sexe incertain.

Du déjà entendu des centaines de fois
Et dont l’inspiration est plus qu’anorexique
Et qu’on ne retient pas.

Otez l’arrangement, l’air est nu comme un ver
Et les pauvres chanteurs à la voix dupliquée
N’y pourront rien y faire.

Ce n’est pas de ma faute si je suis d’une époque
Où les auteurs, compositeurs et interprètes
Possédaient du talent.

Pour n’avoir pas connu ces géants de la scène
Je comprends maintenant que vous portiez aux nues
Tous ces nains anémiques.

Si vous étiez curieux de remonter aux sources,
Ils ne vous auraient plus aux rangs de leur public.
Mais vous suivez la mode.

Même pour le plaisir on ne fait plus d’effort ;
C’est le règne absolu de la passivité

Et c’est définitif.

   
                                                        P.SELOS
                                              Paris, Décembre 2012

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