POUR CERTAINS

Pour certains, les poètes n’ont pas à commenter
Ni à se faire l’écho de notre quotidien.
Qu’ils restent à la marge et nous fassent rêver,
Qu’avec des mots-pastels ils maquillent le monde.

« Nous n’avons pas besoin qu’ils nous ouvrent les yeux.»
Me disait une amie à qui je reprochais
De vivre en ignorant les horreurs de ce temps.
« Il y a des sujets plus jolis et plus tendres.»

J’avoue être doté comme tous mes comparses
De ce que vous nommez «la sensibilité» ;
Contraire à la raison, elle est ingouvernable
Et de par sa nature elle n’est pas sélective

Chacun a sa façon de concevoir la vie,
Rangeant les sentiments comme un magasinier,
Prévoyant toute chose et craignant l’imprévu
Ayant déjà choisi son marbre funéraire.

Je ne servirais pas d’exemple en référence
Et l’on m’a déjà dit que j’étais inutile.
Dans les murs qu’on bâtit, on ne voit pas ma pierre ;
Je suis un désoeuvré au milieu des fourmis.

Et c’est pourquoi, souvent je m’isole en moi-même.

 

.....................................................P.SELOS
............................................Paris, 14 Mai 2013

 

 


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