PREHISTOIRE

Ferme tes yeux,
Nous allons remonter le temps,
C’est fantastique !
Voici des fleuves, des étangs
Préhistoriques.
Au ciel, là-bas,
Moitié poisson, moitié serpent,
Un peu rapace,
Au-delà des roseaux géants,
Un monstre passe.

Dans la falaise
A l’entrée d’une faille obscure,
La nuit qui tombe
Terrifie l’homme et prend figure
De fin du monde.
Depuis toujours, depuis les premières mémoires
Le soleil meurt,
Alors des naseaux du brouillard
Monte la peur.

Dans les ténèbres,
L’homme est seul avec ses frayeurs,
La mort le cerne ;
Un cri de fauve a retenti
Dans la caverne.
Il a lancé un caillou qui a ricoché
Sur une pierre.
Une étincelle a dévoré son lit de lierre.

Il a frappé d’autres éclats
Et retrouvé
La pierre du feu ;
Un homme aux yeux démesurés
Veille son dieu.

Voilà pourquoi, petit, tu avais peur du noir :
C’est l’héritage.
L’amour du feu te vient le soir
Du fond des âges !


                                               P. SELOS   

                                                     ......


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