PRESQUE …



         Dès notre enfance, nous avons tous prononcé ce mot. Il signifiait souvent notre désintérêt pour une tâche imposée. Nous avions mieux à faire, selon nous, tels que jouer, rêver et affirmer notre indépendance.

         Pour avoir perdu cette spontanéité en tant qu’adulte, « presque » est devenu le fourre-tout de l’inachevé dont nous nous contentons.

         C’est en raison de cette acceptation de «l’à peu près » que l’entité européenne se délite et qu’elle reste impuissante face aux défis éthiques et économiques auxquels la confronte la mondialisation.

         Quand une société pense que son salut réside dans l’élévation de murs physiques ou de barrières douanières, elle courre tout droit vers le recours à son ancien démon : la guerre.

         Nous sommes incorrigibles dans notre incapacité à tirer des leçons de l’Histoire.

         Nous avons tendance, nous aussi, à céder à la facilité qui génère toujours des complications à venir.

         Il n’y aura donc jamais de « lendemains qui chantent ».

         Nous faisons preuve, à notre égare, d’une mansuétude que nous exerçons rarement envers les autres.

         Pour éviter notre « mea culpa », nous préférons la formulation de nos amis anglais :

                            « Nobody is perfect ».

..........                                                                      P.SELOS
...................................................................... Paris, le 12 Mai 2016

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