RÊVER.

Enfant Malgache
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Je crois qu’à chaque instant, il y a des gens qui meurent de n’avoir su rêver.
         Mais rêver ça n’est pas posséder pour avoir car cette quête là n’est jamais satisfaite. Le bonheur est ailleurs, il tient à peu de choses.
         Il s’agit de sortir hors de soi et du temps qui permet d’échapper au destin ordinaire. C’est l’unique façon de faire qu’on puisse aller à sa propre rencontre. S’arrêter en soi-même, s’apaiser un moment. Qu’on soit pauvre ou bien riche, s’éloigner de ce monde et larguer les amarres mais sans aller bien loin.
         Mes plus beaux souvenirs, je les ai rapportés d’un voyage immobile car j’abordais toujours sur le sable doré de mon île aux trésors.
         Chacun de nous possède une terre inconnue, la part irrationnelle vitale et nécessaire pour ne pas faire naufrage.
         L’enfant possède en lui la carte des écueils. Qui de lui ou de nous a l’âge de raison ?
         Il nous faut retrouver les chemins de traverse, en quittant ceux tracés qui le sont au cordeau. Au risque de nous perdre, s’affranchir de la norme, respirer l’air des cimes et fréquenter enfin des gens déraisonnables. Il en existe encore plus que vous ne croyez.
         Les adultes sérieux et convaincus de l’être, en leur trouvant un nom, les appellent poètes.

                                                                          P.SELOS
                                                          Paris, le Jour de l’An 2015

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