ROMS ET ROUMANIE


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         Le gouvernement roumain ne manque pas de culot en demandant des comptes à la France face aux expulsions qu’elle pratique vis-à-vis des roms.

         Les conditions de vie qu’il accorde à sa minorité tzigane, l’une des vingt reconnues au niveau national par la constitution de 1990, sont les moins respectueuses des droits élémentaires définis par la F.I.D.H, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme.

         Le Rom ou Romi est un citoyen de seconde zone dont les papiers utilisés pour sa  circulation intérieure mentionnent ouvertement son appartenance ethnique, à l’exception de celui qui a fait fortune en relation avec la corruption des pouvoirs. Par contre le passeport national ne fait l’objet d’aucune rétention : Bon débarras !

         Car c’est bel et bien la catégorie « ethnie »  qui est mobilisée dans les documents officiels, en particulier dans le recensement national de 2002, au côté des autres caractéristiques (sexe, âge, etc.), un relent nauséabond de racisme nationaliste qui n’est pas surprenant de la part d’un pays qui n’hésita pas à s’allier à l’Allemagne nazi.
        
         Aujourd’hui, les Romi seraient officiellement un peu plus de
500 000 recensés ou plus de deux millions selon certaines évaluations hautes (ONG). Chaque minorité nationale dispose d’un représentant au Parlement, sauf si des députés sont élus par ailleurs (ce qui est le cas des Hongrois, par le biais de l’UDMR, l’Union Démocrate Magyare de Roumanie, membre du Parti Populaire Européen). Qu’est-ce qu’une seule voix noyée dans la masse ?

         Avant tout perçue comme une population défavorisée, les
Romi sont d’autre part l’objet d’une politique spécifique incarnée par une agence gouvernementale qui lui est dédiée : l’A.N.R (Agence Nationale pour les Roms)

         On peut se demander où passe l’argent versé au titre des aides européennes ?
 
         Depuis la chute du clan Ceausescu, les premiers ministres qui se sont succédés tiennent à l’étranger les propos des plus conciliants, annonçant à chaque fois les  mesures qu’ils vont prendre en faveur des roms.

        Déjà, pour l’année 2014, le budget roumain de la Défense avait été légèrement augmenté lors de son examen en novembre dernier, passant de 1,33 à 1,4 milliard d’euros. Mais en raison des tensions entre l’Ukraine et la Russie, Bucarest a décidé d’allouer des crédits supplémentaires à ses forces armées. « Nous allons augmenter le budget du ministère de la Défense de 700 lei (155 millions d’euros) cette année, soit de 0,2% de la production nationale (PNB) », a ainsi annoncé Victor Ponta, le Premier ministre roumain, par voie de communiqué, le 28 avril. Cette rallonge budgétaire ne servira pas à acquérir de nouveaux équipements, a-t-il précisé, mais à « moderniser des capacités existantes ».

         Or, en cas de conflit avec la Russie, ces dépenses seraient totalement inutiles, même en imaginant une implication des forces américaines, ce qui signifierait une nouvelle guerre mondiale.

         La Roumanie, au lieu de son appartenance à l’OTAN aurait du opter pour sa neutralité. Le parapluie U.S est un luxe. Mais, hélas ! il n’est pas rare que les petits pays au passé belliqueux et totalitaire soient en retard d’une époque.

         La Roumanie, le pays des promesses non tenues.

                            ..............................                           ...................................      P.SELOS
....................................................... Paris, le 19 Mai 2015

 

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