SE FOUTRE DU MONDE



         Pour commenter cette œuvre de Philippe Eryn,  on pourrait n’en rester qu’au stade de la provocation, si cela correspondait vraiment à une démarche très pratiquée ces temps-ci.
         Je pencherais plutôt pour une absence d’inspiration. En recherche d’un statut social, un grand nombre d’individus tiennent boutique d’artiste, passant d’un mode d’expression à un autre avec la conviction d’en maîtriser les arcanes.

         Aujourd’hui on ne crée plus ; c’est ringard.
         Maintenant, on performe.
         Tout est événementiel.

         Les galeristes ou agents d’art et les collectionneurs s’entendent pour faire monter les cotes ou les baisser comme en bourse. Savoir communiquer et faire parler de soi sont deux conditions pour rester dans la course à la réussite.

         Depuis qu’on s’est extasié sur la pissotière de Duchamp et les gros nichons bariolés de Niki de Saint Phalle ,  l’art conceptuel a le vent en poupe. On n’expose plus, on s’exhibe.

         L’art éphémère du vidéaste a au moins l’avantage de ne pas laisser de trace. Tinguely et ses machines « à rien faire »et dont le nom évoque les sons qu’elles produisent, les zébrures au fleuret de Mathieu, les Buffet au tracé anorexique, qui s’en souviendra dans cent ans ? Hormis les historiens d’art scrupuleux de ne rien omettre.

         Je ne suis pas client des productions systématiques et répétitives.

.........Je ne vibre pas à l’écoute de la musique minimaliste de Steve Reich et Philippe Glass.

         Bref, je suis un dinosaure et peu m’importe de passer pour un vieux con.  

 

Post scriptum

Je l’avais oublié !

CLAUDE VIALLAT, artiste exposé dans de nombreux musées du monde et qui vit de ses éponges écrabouillées depuis un demi siècle.

Rien à ajouter !

  ..................................................................................................P.SELOS
                                       ...................................................Paris, le 2 Mai 2014

 

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